Ginette Grandcoin-Joly, enseignante et directrice d'école élémentaire d'application, a répondu à vos questions sur le livret scolaire et les évaluations du premier trimestre.

L’année dernière, en maternelle, l’enseignant de mon enfant me remettait son livret scolaire. Est-ce que ce sera aussi le cas au CP ?

Les premiers résultats des jeunes enfants (en maternelle et parfois aussi au CP) sont souvent remis individuellement aux parents : cela permet à l'enseignant d'expliquer les évaluations et d'échanger avec les parents. Du CE1 au CM2, le livret est annoncé et expliqué lors de la réunion de rentrée, puis il est en général remis aux parents par l'intermédiaire de l'enfant à la fin de chaque période. Certaines écoles, cependant, préfèrent le remettre aux parents au cours d'une rencontre.

Vous recevez le premier livret à la fin du premier trimestre. Le directeur ou la directrice de l'école l'a visé et remis à chaque enfant dans la classe. Ceci lui permet de suivre la scolarité des enfants, d'être un interlocuteur pour les parents et de travailler en liaison avec les enseignants. Il ou elle a par ailleurs l'obligation de l'envoyer par courrier aux deux parents divorcés qui le désirent et l'ont demandé par écrit.

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Comment les enfants sont-ils évalués ?

Les textes ministériels rendent l'évaluation obligatoire, et ce, dès la maternelle, même si la scolarité n'est pas obligatoire avant 6 ans. Les enseignants évaluent les connaissances, les compétences et les attitudes de chaque enfant. La forme du livret n'est pas imposée mais les compétences à évaluer sont mentionnées par grand domaine dans les instructions officielles. Cela permet à l'enseignant de connaître et de construire sa classe selon son profil.

Selon les écoles, on trouve des notes ou des « codes » : acquis, non-acquis, en cours d'acquisition ou bien A, B, C et D, qui correspondent à une échelle dans les connaissances ou les compétences. Les parents se retrouvent souvent mieux dans les notes, plus faciles à interpréter… mais celles-ci ne sont pas dans l'esprit des évaluations. L'équipe enseignante est libre de son mode d'évaluation. Par contre, les représentants des parents au Conseil d'école peuvent demander des informations, en parler avec les enseignants. Ainsi une équipe enseignants-parents peut décider qu'au CP, au premier trimestre, il n'y aura que des appréciations, et qu'il y aura des notes au CM2 en prévision du collège.

Parfois aussi, au cycle 3 (du CE2 au CM2), apparaît la moyenne de la classe car beaucoup de parents souhaitent pouvoir situer leur enfant par rapport aux autres élèves. Ce n'est pas, là non plus, dans l'esprit des évaluations mais c'est une pratique compréhensible : à force de ne rien évaluer clairement, les parents ne savent plus où en est leur enfant. La notion « en cours d'acquisition » pose autant de problèmes aux enseignants qu'aux parents !

Quoi qu'il en soit, le livret comporte toujours des appréciations. Elles sont aussi importantes que les résultats car elles situent l'enfant dans son comportement d'élève, dans sa classe, dans son école.

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Je viens de recevoir le livret scolaire de mon enfant et je découvre ses difficultés !

En principe, les évaluations portées sur le livret scolaire ne devraient jamais être une surprise pour vous, parents ! Les notes et annotations portées sur le travail quotidien de votre enfant doivent constituer une alerte, si nécessaire, lorsque vous le signez à la fin de la semaine ou tous les 15 jours. Par ailleurs, si votre enfant a vraiment des difficultés, son enseignant doit vous proposer un entretien avant que la situation ne soit trop lourde, pour envisager quelles solutions peuvent être mises en œuvre. Si vous avez du mal à comprendre les appréciations de l'enseignant, n'hésitez pas à le rencontrer pour lui demander des éclaircissements. Une appréciation comme « Peut mieux faire » indique que l'élève a des capacités mais ne se donne pas les moyens de réussir au mieux. « Se décourage » doit vous alerter sur le fait que votre enfant manque de confiance en soi et a peur de faire des erreurs (voir notre forum sur le sujet). Il faut alors dédramatiser pour lui permettre de progresser.  

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Mon enfant avait une notion marquée « acquise » l'année dernière et maintenant, la même notion apparaît comme « en cours d'acquisition ». Est-ce normal ?

Oui, cela peut en effet s'expliquer très facilement. Prenons un exemple : l'accord sujet-verbe. Votre enfant peut avoir compris cette notion l'an dernier, quand il s'agissait de l'appliquer dans un contexte simple (lorsque le sujet est tout près du verbe dans la phrase). Mais cette année, la même notion est devenue plus complexe et votre enfant peut éprouver quelques difficultés à la réinvestir à un autre niveau (dans notre exemple, lorsque le sujet est éloigné du verbe dans la phrase ou qu'il y a plusieurs sujets pour un verbe). Notez que ces différences de niveaux dans l'étude d'une notion peuvent aussi se produire d'un trimestre à un autre.

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J'ai noté chez mon enfant une perte de vitesse depuis la Toussaint, comment réagir ? Dois-je profiter des vacances de Noël pour le faire travailler ?

On fait beaucoup de révisions en classe jusqu'à la Toussaint, surtout au CE1, où l'on revoit les sons complexes de la lecture. Ensuite, le programme démarre réellement et il est possible que vous observiez chez votre enfant plus de difficultés à aborder des nouveautés.

Il vous appartient, avec l'aide de l'enseignant et en présence de l'enfant qui doit pouvoir s'exprimer, de cibler ses difficultés qui peuvent être de différentes sortes :
•  manque d'efforts et de concentration ;
•  manque d'investissement ;
•  problème familial qui le perturbe ;
•  mauvaise organisation, manque de matériel ;
•  fatigue ;
•  mauvaise compréhension.

Selon l'analyse faite, les réactions envisagées ne seront pas les mêmes. L'école ne peut pas grand-chose pour régler les conflits familiaux, le manque de sommeil, les activités extrascolaires trop nombreuses. Elle peut par contre conseiller les parents pour les aider à mieux organiser la gestion des devoirs à la maison : le parent doit pouvoir soutenir et accompagner son enfant durant ses devoirs, revoir les leçons avec lui par exemple (pour s'assurer qu'elles sont bien comprises), sans bien sûr faire les exercices à sa place ni se substituer à l'enseignant.

S'il y a réellement des difficultés, il convient aussi de surveiller l'ordre du cartable, le matériel, la gestion de l'emploi du temps. Vous devez donc vérifier chaque jour le travail de votre enfant, et pas seulement lorsque vous êtes disponible. Ne lui faites pas non plus réciter les leçons à l'heure du coucher !

En cas de difficultés passagères, n'hésitez pas à vous appuyer sur un cahier de soutien pendant les vacances, sans toutefois aller au-delà de ce qui a été traité depuis septembre. En cas de difficultés plus importantes, prenez rendez-vous avec l'enseignant pour avoir son avis et écouter ses suggestions et propositions.

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Le bulletin de mon enfant est vraiment mauvais ! Est-ce qu'il court droit vers un redoublement (maintien) ?

Non, pas forcément ! En liaison avec l'enseignant, voyez ce qui pourrait aider votre enfant :
•  un peu plus d'attention… et de disponibilité de votre part ;
•  un soutien gratuit (l'aide personnalisée) proposé par l'enseignant à l'intérieur de l'école, avec un enseignant de l'école, par petits groupes, en dehors des heures scolaires (matin, midi ou soir) ;
•  un PPRE (projet personnalisé d'aide éducative), qui sera rédigé par l'équipe enseignante afin de cibler précisément les difficultés et d'y remédier. Il mentionnera le genre de soutien envisagé par les enseignants ou par un membre du RASED (réseau d'aide).

L'enseignant peut aussi vous suggérer un rendez-vous avec un orthophoniste pour régler d'éventuels problèmes de langage ou de prononciation, ou avec le psychologue scolaire qui cernera les difficultés de votre enfant et vous orientera vers la forme d'aide la plus adaptée. En aucune manière, il ne suivra votre enfant en psychothérapie, mais il sera un lien entre l'école et le professionnel envisagé.

En principe, il n'y a de redoublement qu'à la fin des cycles 2 et 3, c'est-à-dire en CE1 et en CM2. Mais il est parfois préférable d'être maintenu dans une classe (le CP notamment) plutôt que de se retrouver pendant plusieurs années à bout de souffle… Sachez que l'équipe enseignante vous proposera toujours ce qui correspond au mieux à l'intérêt de votre enfant.

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J'aimerais que mon enfant bénéficie de l'aide personnalisée au deuxième trimestre. À qui dois-je m'adresser ?

Cette aide n'est pas de votre initiative. Elle est décidée en Conseil des maîtres et vous sera proposée si votre enfant répond aux critères d'aide, selon la gamme de difficultés auxquelles il doit faire face. L'aide personnalisée n'est pas un cours particulier mais un moyen pour gérer de réelles difficultés. Elle peut avoir lieu le matin avant la classe, pendant la pause méridienne ou après l'école, par séances de 30 ou 40 minutes, en petit groupe.

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Mon enfant a des faiblesses dans une matière. Faut-il envisager un programme de travail particulier à la maison ?

Au cycle 2 (CP-CE1), votre attention bienveillante et régulière devrait suffire. Chaque jour, il s'agit de suivre le travail et les progrès de votre enfant. Au cycle 3 (CE2-CM2), il convient de se centrer sur la méthodologie, la rigueur, l'apprentissage régulier des leçons. Cependant, si vous l'estimez nécessaire, vous pouvez vous adresser à l'enseignant. En cas de besoin, il envisagera certaines remédiations en s'appuyant sur le travail de la classe (aide personnalisée le midi ou le soir, pédagogie différenciée, c'est-à-dire adaptée aux différents niveaux au sein de sa classe…) et, parfois, sur un cahier parascolaire.

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Nous venons de déménager et mon enfant, qui était bon élève, obtient des résultats très moyens dans sa nouvelle école. Comment peut-on l'expliquer ?

Les raisons peuvent être de différents ordres :
•  Votre enfant n'avait pas envie de changer d'école et… il le montre !
•  Il lui faut du temps pour s'adapter ; parlez-en avec lui et avec l'enseignant.
•  Certaines classes vont plus vite, plus loin que d'autres, tout en respectant le programme. Votre enfant se trouve peut-être désarçonné par certaines notions qu'il n'a pas encore abordées. Faites le point avec l'enseignant et programmez ensemble ce qu'il faudra combler. Il est indispensable que l'enfant soit partie prenante de l'effort à accomplir.

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Quels sont vos conseils pour bien aborder le deuxième trimestre ?

À partir du deuxième trimestre, les révisions sont terminées : votre enfant ne va plus aborder que des notions nouvelles ! C'est donc un trimestre important, qui devra mobiliser toute son énergie, d'autant que le troisième trimestre est court et que le calendrier rectoral fait que les propositions de maintien et les dossiers d'entrée en sixième se font dès le mois d'avril… Ces quelques conseils pourront vous être utiles :
•  veillez à la bonne gestion du cartable, du travail, du temps ;
•  régulez les jeux sur la console, la TV et proposez des activités moins solitaires ;
•  intéressez-vous au travail de votre enfant… sans jamais dénigrer l'enseignant !
•  acceptez l'aide personnalisée proposée par l'équipe enseignante s'il y a lieu ; rencontrez l'enseignant une fois par trimestre pour faire le point si nécessaire, ou le directeur de l'école.

Si vous souhaitez plus d'informations, reportez-vous au sommaire du Guide des parents.
Vous pouvez également voter pour les thèmes que vous voudriez que nous abordions dans une prochaine interview.

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