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L'organisation de l'école

A quoi correspondent les cycles pluriannuels ?
La scolarité à l’école primaire est organisée en trois cycles pluriannuels. A la fin de chaque cycle, les élèves sont censés avoir acquis un certain nombre d’apprentissages. Il vaut donc mieux raisonner en termes de cycle qu’en termes de classe, pour évaluer les acquis de votre enfant. Quels sont ces cycles ? Le cycle 1 est le cycle des « apprentissages premiers », organisés en cinq grands domaines : le langage ; vivre ensemble ; agir et s’exprimer avec son corps ; découvrir le monde ; sensibilité, imagination et création. Ce cycle comprend les années de petite et moyenne sections de maternelle. Le cycle 2 est celui des « apprentissages fondamentaux » (lire, écrire, compter) : il commence dès la grande section de maternelle et se termine à la fin du CE1. Le cycle 3, enfin, est celui des « approfondissements » : il s’agit des trois dernières années de l’école élémentaire, du CE2 au CM2. Votre enfant consolide ses connaissances, découvre de nouveaux enseignements et s’ouvre vers le collège.
Je déménage : quand dois-je inscrire mon enfant à l’école ?
Dans la mesure du possible, tentez de vous organiser bien à l’avance : les inscriptions dans le public ont lieu de septembre à janvier pour l’année scolaire suivante. Vous serez averti des dates par voie d’affichage dans les mairies ou les écoles. L’inscription doit être réalisée au plus tard au mois de juin précédant la rentrée scolaire. Il se peut aussi que vous déménagiez en cours d’année, et de manière imprévue. Dans ce cas, il est toujours possible d’inscrire votre enfant pour une entrée immédiate à l’école : les inscriptions peuvent avoir lieu toute l’année.
J’aimerais m’impliquer dans la vie de l’école : quelles sont les possibilités ?
C’est une bonne idée de vous impliquer dans la vie de l’école ! Votre enfant percevra que vous vous intéressez à ce qui représente une grande partie de sa vie… et il en sera sans doute flatté. Plusieurs possibilités s’offrent à vous : Vous pouvez faire partie d’une association de parents d’élèves. Si vous êtes élu(e) comme délégué(e) de parents, vous participerez au conseil d’école, mènerez les réunions entre parents et aurez un accès privilégié à la vie de l’école. Vous pouvez aussi vous rendre aux différentes réunions proposées par l’école : les réunions parents-enseignant, qui offrent une vision précise de ce qui sera demandé à votre enfant ; les réunions d’association de parents : vous y comprendrez mieux la vie de l’école ; les réunions d’organisation d’une classe de découverte et de la fête de l’école. Enfin, n’hésitez pas à accompagner autant que possible les sorties scolaires, et à participer aux ateliers organisés en classe.
Mon enfant entre au CP : qu’est-ce qui va changer ?
Le voici désormais à la « grande école » ! C’est une année importante dans sa vie… et dans la vôtre ! Brigitte Prot, spécialiste de la motivation scolaire, explique ce qui va changer cette année.
À la crèche, vous accompagniez votre enfant dans la salle et le remettiez au personnel formé pour vous remplacer ; en maternelle, on vous accueillait à la porte de la classe et on acceptait parfois que vous entriez. Mais à l'école élémentaire, l'écart grandit : vous laissez votre enfant à la porte de l'école. Vous pouvez le ressentir comme une séparation, une violence, alors que pour lui, c'est l'expression de votre confiance dans l'institution, à qui vous déléguez pour un temps votre responsabilité.
L'école va occuper de plus en plus de place dans la vie de votre enfant : il va devenir d'autant plus autonome, dans la sphère familiale d'abord, puis en dehors de celle-ci, devenant capable de vrais choix.
Au CP, l'école devient obligatoire. Votre posture de parents à cet égard est essentielle. Elle conditionnera le message transmis à votre enfant sur l'importance de l'école. Quelle idée aura-t-il de l'école si vous lui autorisez des retards fréquents dus à des pannes de réveil ? si un départ anticipé en vacances le dispense d'un jour de classe ? Vous ne lui faciliteriez pas le travail : comprendre, dès le début de sa vie à la « grande école », pourquoi il est là.
J’ai des doutes sur la compétence d’un enseignant. Puis-je les exprimer ?
Surtout, ne dénigrez jamais l'enseignant ou l'école en présence de votre enfant : cela ne l'aiderait pas à reconnaître le bien-fondé de l'école ; il pourrait même vous en vouloir de l'avoir confié à ce monde que vous-même critiquez. La porte serait alors grande ouverte à un rejet parfois durable de l'institution. Vous devez manifester la plus grande confiance envers l'école, dans l'intérêt de votre enfant. Bien sûr, déléguer son autorité ne signifie pas laisser faire et tout accepter. N'hésitez pas à « rencontrer l'école ». Votre interlocuteur privilégié est l'enseignant, éventuellement le directeur d’école. Ces adultes et l'enfant doivent vous sentir présents, confiants mais vigilants.
J’entends souvent parler de la notion de « vivre ensemble » à l’école maternelle. De quoi s’agit-il ?
Apprendre à vivre ensemble est l’un des objectifs fondamentaux de l’école maternelle, rappelle Brigitte Prot, spécialiste de la motivation scolaire. La fréquentation des crèches, jardins d'enfants ou haltes-garderies n'étant pas obligatoire, des milliers d'enfants n'ont jamais connu la vie en collectivité avant leur première rentrée scolaire. Ils l'apprennent à l'école. Même si votre enfant a eu une expérience de ces structures, il n’est pas familier des « grands » groupes de l’école. C’est un univers beaucoup moins douillet que les cocons précédents et votre enfant doit apprendre à tout partager : espace, matériel et présence de l'adulte.
Dans la classe, il découvre des règles de vie et de relations nouvelles. La vie de la cour de récréation est aussi une expérience. Il y apprend à trouver sa place, en même temps qu'il y découvre celle des autres. L'entrée en classe, le matin, est un moment privilégié. Les élèves rencontrant des difficultés à s'intégrer au groupe y trouvent leur compte, car l'arrivée des autres est progressive : ils peuvent ainsi se croire « entre amis » ou « presque à la maison » durant un temps relativement court, certes, mais assez long pour aborder la journée calmement, en ayant eu l'impression d'être « presque seuls » avec l'enseignant. Si votre enfant a du mal à quitter la maison le matin, vous pouvez l'accompagner plus tôt et prendre votre temps pour aller à l'école : il retrouve ainsi l'enseignant et sa classe, « dans les premiers », avec la possibilité d'accueillir ses camarades.
Programmes et apprentissages

Mon enfant doit-il savoir lire à la fin du CP ?
La lecture est une priorité du « socle commun des connaissances et des compétences » institué par la loi de 2005. L’apprentissage commence en fait dès la grande section de maternelle et se poursuit sur plusieurs années. Il vaut donc mieux raisonner en termes de cycle : le CP est bien sûr une année essentielle dans l’apprentissage de la lecture, mais c’est à la fin du cycle 1, c’est-à-dire du CE1, que votre enfant devra vraiment maîtriser la lecture. Comme le précise Brigitte Prot, spécialiste de la motivation scolaire, le CP est pour l’enfant une année de découverte des mots, du monde qui l’entoure, par la compréhension de l’acte de lire. A la fin du CP, votre enfant doit être autonome devant des textes simples. Ses compétences langagières vont se développer au CE1. S’il ne maîtrise par la lecture à l’issue du CE1, il aura alors besoin d’une aide particulière, ancrée sur la confiance en sa capacité à apprendre à lire.
Est-ce important de participer à l’oral en classe ?
S’exprimer à l’oral est non seulement important, mais essentiel pour les apprentissages. Les savoirs se construisent en effet par l’écrit et l’oral. La prise de parole est un acte d’affirmation de soi dans l’apprentissage, explique Brigitte Prot, spécialiste de la motivation scolaire. C’est pourquoi elle est indispensable, surtout au primaire : l’élève s’y familiarise pour la suite de la scolarité. Grâce à elle, non seulement l’enfant structure ses apprentissages, mais il « valide » ce qu’il a appris, en reconnaissant ce qu’il sait déjà. Quand un enseignant demande à un élève de « participer davantage », il l’invite à « prendre sa part », sa place parmi les autres, pour une interaction qui permette de mieux apprendre. Par une présence de qualité, l’enfant améliore son attention et aiguise sa concentration. C’est dans ce sens qu’on parle d’élève « acteur » : lorsqu’il participe, il « agit ». Or c’est en agissant qu’on apprend le mieux. Pour oser s’exprimer, votre enfant a besoin d’une sécurité minimale. Aussi, votre attitude de parents est déterminante : vous devez encourager ses initiatives, tout en lui assurant la sécurité dont il a besoin. Ne soyez pas trop laxistes, mais ne lui imposez pas non plus d’interdits trop forts, qui pourraient l’inhiber. Evitez les retours négatifs sur ses prises de parole, mais ne le forcez pas non plus à s’exprimer. En l’habituant à « dédramatiser » la prise de parole, vous lui permettez de reconnaître sa place et de jouer son rôle de sujet. D’élargir son champ d’expériences et d’avoir confiance en lui.
L'enfant à l'école

Qu’est-ce que le PPRE ?
Si un enfant rencontre des difficultés scolaires qui compromettent ses chances de maîtriser la lecture à la fin du cycle 2, il pourra suivre un « programme personnalisé de réussite éducative », ou PPRE. L’équipe pédagogique et les parents élaborent ensemble ce « plan d’action », présenté à l’enfant. Un document écrit précise les objectifs à atteindre, la façon de les atteindre, les échéances et le mode d’évaluation. Un PPRE est un outil pédagogique personnalisé, mais qui n’exclut en rien l’enfant de la classe. Sachez enfin qu’il peut être mis en œuvre à tout moment de la scolarité de votre enfant.
A quoi servent les évaluations nationales de CE1 ?
Avant les vacances de la Toussaint, dans chaque classe de CE1 de l’Hexagone, les connaissances des élèves sont évaluées en français et mathématiques. Le but de ces évaluations est de déterminer si certains élèves ont des difficultés particulières, qu’il s’agira de surmonter en mettant en place un dispositif pédagogique adapté. Ces évaluations ne sont pas donc « notées », mais codées par l’enseignant. Les résultats ne servent pas à établir un classement et n’interviennent pas dans la moyenne du trimestre ni dans l’établissement des livrets. Il est important de le rappeler à votre enfant : habitué à être noté pour un devoir, il risque d’avoir du mal à se détendre devant cette batterie d’exercices… qui peuvent tout au plus déboucher sur du soutien !
L'enfant après l'école

Comment fonctionne la mémoire ?
La mémoire est « polymorphe » : on peut « mémoriser » en faisant appel à divers sens et/ou compétences. Ainsi, selon les individus, les divers types de mémoire mis en jeu seront : – la mémoire visuelle (l’élève doit lire la leçon pour la « photographier ») ; – la mémoire auditive (l’élève doit écouter la leçon ou la lire à voix haute) ; – la mémoire motrice (l’élève doit agir, par exemple réécrire la leçon). En combinant les différents types de mémoire, l’élève restitue plus efficacement la leçon. La mémoire fonctionne de façon discontinue. Cela signifie que, pour être assimilée, une leçon doit être révisée régulièrement et le plus souvent possible. La mémoire dépend de l’état affectif : l’élève apprend d’autant plus facilement une leçon si son contenu l’intéresse et si le professeur le rend le plus attractif possible !
Comment l’aider à se motiver ?
Pour se motiver et progresser, votre enfant a besoin de se percevoir à la fois comme unique et en devenir. Au quotidien, il doit être en mesure de contrôler sa situation scolaire. Se savoir unique, avec une identité et un parcours scolaire singuliers, doit être la première conviction de votre enfant. Il doit ainsi comparer ses résultats actuels avec ceux obtenus antérieurement, et non avec ceux des autres. Lui transmettre cette approche de sa progression scolaire est capital pour sa motivation : elle lui permet de se libérer de la comparaison avec ses camarades ou de celle avec ses frères et sœurs, toujours réductrice. Se savoir en devenir signifie être convaincu de sa capacité à progresser, à investir un projet personnel et à atteindre ses objectifs. Se représenter dans une situation scolaire établie une fois pour toutes conduit à une régression des efforts et de l’attention. En tant que parents, il est primordial de permettre à votre enfant de croire en sa capacité à devenir, à se projeter, pour ancrer une dynamique de motivation. Votre rôle est de vous assurer que votre enfant dispose bien de tous les outils méthodologiques nécessaires à sa progression. Vérifiez avec lui ces différents points : la gestion de son cartable ; la gestion de son agenda ; l’apprentissage des leçons ; la préparation des contrôles ; les outils de concentration. Brigitte Prot
Comment aider mon enfant à développer sa mémoire ?
Au cours de sa scolarité, votre enfant aura de plus en plus de choses à retenir. Il est important qu’il s’habitue à exercer sa mémoire, et vous pouvez l’aider à la développer. Voici quelques conseils précieux proposés par Brigitte Prot, spécialiste de la motivation scolaire : Encouragez votre enfant à utiliser sa mémoire dans tous les domaines et toutes les situations de la vie quotidienne : cette capacité n’est pas réservée aux apprentissages scolaires. Stimulez-la par des questions variées, qui sollicitent chez votre enfant un effort à la conclusion rapide. Sans obsession ni harcèlement : c’est-à-dire lorsque l’occasion se présente. Valorisez-le dans ses efforts et progrès liés à sa mémorisation. Donnez-lui l’occasion de participer à une discussion sur un sujet qu’il a étudié ou qui l’intéresse. Révisez avec lui quelques sujets de discorde, comme les tables de multiplication. Récitez-lui des poésies, apprenez les siennes et récitez-les ensemble. Apprenez-lui des moyens mnémotechniques simples (par exemple : pour connaître la terminaison du verbe « aimer » dans une phrase, on le remplace par le verbe « peindre »). Habituez-le à noter par écrit : cela « fixe » la mémorisation.
Mon enfant a-t-il besoin d’un bureau dès l’école élémentaire ?
Votre enfant a surtout besoin d’un lieu de travail personnel, comme le souligne Brigitte Prot, spécialiste de la motivation scolaire, d’où sont exclues les tentations susceptibles de polluer son attention (télévision, jeux vidéo, etc.). Ce lieu doit lui permettre de se concentrer et de s’entraîner à une réflexion régulière, dans un environnement calme : cela peut être sa chambre, avec un bureau, si ces conditions sont réunies. La télévision et l’ordinateur doivent se trouver dans un endroit où l’adulte peut en contrôler l’utilisation ! S’habituer à « ranger » ses affaires scolaires sur son bureau, des étagères ou dans un caisson constitue une priorité pour bien apprendre. Votre enfant doit en prendre conscience, c’est-à-dire l’expérimenter : apprendre dans l’éparpillement n’est pas la même chose qu’apprendre dans un environnement ordonné. Le rangement est une compétence qui s’acquiert peu à peu au primaire. Il sera important d’arriver au collège en l’ayant acquise. En effet, dès la 6e, le nombre d’« informations » et d’outils à prendre en compte se multiplie.
Comment aider mon enfant à s’organiser dans le temps ?
Journée, semaine, trimestre, temps de la maison et temps de l’école : votre enfant apprend à se situer dans le temps. Comme l’explique Brigitte Prot, spécialiste de la motivation scolaire, c’est ainsi qu’il pourra peu à peu le contrôler et l’anticiper. Pour cela, il faut fixer des rituels de travail « non négociables », articulés à d’autres activités. Votre enfant a besoin : – d’une journée structurée, avec des heures de repas identifiées, dans un créneau réduit (entre 19 h et 20 h, et non entre 19 h et 21 h) ; – de se lever, de petit-déjeuner et de partir à l’école à heure fixe, pour éviter une insécurité génératrice de stress ; – d’un temps pour préparer le lendemain : organiser son cartable et relire une dernière fois les éléments à mémoriser. Les consignes sur le cahier de textes sont ici un outil primordial ; – de se reporter régulièrement à son emploi du temps : votre enfant anticipe ainsi toutes les activités du lendemain ; – d’un temps de sommeil équilibrant (coucher avant 21 h quand il y a école le lendemain).
Mais il faut aussi préserver la qualité de certains moments-clés de la journée : – prendre un repas à la maison, c’est partager avec les autres, et non se sentir seul ; – le temps d’endormissement doit être « accompagné » afin d’assurer un apaisement, pour une nuit réparatrice ; – on ne doit pas arriver en retard à l’école : cela gêne l’enfant, qui se trouve en situation de décalage par rapport aux autres. Et à cet âge, la raison leur en est extérieure (retard d’un adulte, d’un frère). Idem pour l’heure de sortie.
Le bien-être de l'enfant

Mon enfant n’a pas confiance en lui : comment l’aider ?
Si votre enfant n’ose pas prendre la parole en classe, pense qu’il n’est pas capable de retenir sa leçon, il manque sans doute de confiance en lui. Brigitte Prot, spécialiste de la motivation scolaire, distingue quatre formes de confiance en soi chez l’enfant : - la confiance en l’existence d’une place unique pour soi, - la confiance en sa capacité à comprendre et à retenir, - la confiance en sa capacité à décider, - la confiance en sa capacité à « faire » et à mener l’action à son terme. Le regard des adultes proches sur un enfant et sur ses actes est très important. Votre regard de parents, en particulier, peut aider votre enfant à avoir confiance en lui. L’attitude qui fonde la confiance en soi est celle qui prend en compte la singularité de l’identité de chacun, ses ressources, ses besoins et sa capacité d’évolution. Et ce, dès la naissance. Il s’agit de reconnaître votre enfant pour ce qu’il est, avec les caractéristiques d’une personnalité en devenir. Validez ses réussites et ses échecs comme autant de facteurs de construction. La confiance en soi ne se « transmet » pas, elle s’éduque jour après jour.
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